Robert
Manley, vendeurs, et ami d'Elizabeth Short.
Le 8 janvier, la veille du crime, il était venu la chercher
chez des amis. Ils avaient passé la soirée ensemble,
à faire le tour des bars et des night-clubs, puis la nuit
dans un motel, lui dormant dans le lit, et elle sur un fauteuil.
Le lendemain, il était allé la chercher au alentour
de midi, après un rendez-vous de travail,et l'a déposé
vers 18h30 au Biltmore Hotel, où elle avait rendez-vous
avec sa soeur.
Manley et les employé de l'Hotel Biltmore sont les dernièeres
personnes à avoir vu Elizabeth Short vivante.
Un habitant de Crenshaw District affirma avoir vu, dans la nuit
du 9 janvier, une voiture sur le terrain vague, la porte du coffre
ouverte. A côté se tenait un grand homme mince d'une quarantaine
d'année, qui s'enfuit quand le témoin refit le tour du pâté de
maison, et passa pour la 2ème fois.
Asdel identifia l'homme, qui travaillait dans un restaurant du
quartier. Il l'interrogea : l'homme venait juste de faire repeindre
sa voiture. Asdel envoya un rapport à ses supérieurs. Sans suite.
Un homme blanc, entre 20 et trente ans, non diplômé.
Il vit seul, c'est un travailleur manuel, et probablement habitué
à manier un couteau et à voir du sang, comme un boucher ou un
chasseur.
Il fréquente des prostitués, l'alcool le rend plus loquace et
aggressif : il a probablement déjà un casier judiciaire.
C'est un homme angoissé, avec des problèmes financiers, peut-être
a-t-il un handicap physique. Beth se serait moqué de lui, et,
l'alcool aidant, cela l'aurait rendu fou furieux.
Il l'aurait mutilé et lacéré son visage dans un esprit de revanche.
"L'Affaire du Dahlia Noir débute pour Steve Hodel
en 1999 à la mort de son père à l'age de
quatre-vingt-onze ans. À cette occasion, celle qui partageait
depuis trente ans sa vie, depuis que ce dernier avait quitté
l'Amérique pour l'Asie, lui remet quelques effets personnels
dont un petit album, pas plus grand que la main, contenant quelques
vieilles photos ; essentiellement des portraits. Dans cet album
qui semble extrêmement intime, il reconnait son ex-femme,
dont le cliché date d'avant son mariage, et s'interroge
sur deux prises de vues représentant une belle inconnue
aux yeux fermés, la chevelure parée de dahlias...
C'est
le début d'une enquête qui durera trois années
et qui amènera le fils à accuser le père
du plus célèbre crime de Los Angeles : l'assassinat
d'Elizabeth Short en janvier 1947. Steve Hodel a été
durant sa carrière un des meilleurs limiers du LAPD, et
il va mettre en œuvre toute sa science de la traque pour
reprendre, à cinquante années de distance, le dossier
de l'affaire.
C'est
cette reconstitution scrupuleuse qu'il nous fait suivre pas à
pas, raccommodant pièce par pièce un puzzle d'indices
et de preuves indirectes disséminés au hasard des
coupures de journaux de l'époque, de témoignages
de proches, de rapports de police, des analyses graphogiques des
messages envoyés par "The Avenger" à la
presse... Steve Hodel nous fait part de sa conviction profonde,
et nous apporte toutes les preuves nécessaires pour la
partager : le docteur George Hill Hodel, son père, est
le meutrier du Dahlia Noir.
Il
explique également comment, et pourquoi, alors que certains
hauts pontes de la police locale soupçonnaient déjà
son père en mars 1947, ils le laisseront s'enfuir et gagner
l'Asie en 1950. Il raconte la corruption qui sévit à
l'époque, les "folles" soirées des années
d'après-guerre en compagnie de Man Ray ou de John Huston,
et la "dérive" d'un homme, son propre père,
qui s'avère être un tueur en série, vraisemblablement
coupable de huit meutres de femmes seules perpétrés
aux alentours de Los Angeles entre juillet 43 et octobre 49, voire
peut-être de quelques autres encore...
Une
enquête, un témoignage poignant, celui d'un fils
qui jamais au cours de sa vie, alors qu'il était "le"
spécialiste de la question, n'a vu le "mal" au
fond des yeux de son père, et qui, en connaissance de cause,
finit par écrire :
"Ne
peut-on penser que, jusqu'à un certain point, nous avons
tous en nous une certaine capacité à faire le mal
? Ce sombre continent n'est-il pas caché en chacun de nous,
tenu en laisse par la morale et un sain respect de la loi ?"
Comme elle le raconte dans son livre : " Daddy was the Black
Dahlia's Killer".
Janice Knowlton raconte ses souvenirs d'enfance : un père violent
et incestueux, qui aurait eu une liaison avec Elizabeth Short,
et l'aurait assassiné.
Le
journaliste reprend l'enquête et nous livre sa théorie
dans le livre "The Black Dahlia Files: The Mob, the Mogul,
and the Murder That Transfixed Los Angeles" : il relie
le meurtre du dahlia Noir à Bugsy Siegel, personnage notable
de la mafia hollywoodienne et Norman Chandler, patron du Los Angeles
Times, de qui Beth short attendait un enfant.
La
théorie d' Aggie Underwood,
journaliste à l'Herald-Express :
Beth Short avait fait la connaissance, à l'Hollywood Canteen,
de Georgette Bauerdorf, avant que celle-ci ne soit assassinée.
On l'a retrouvée morte dans sa baignoire.
Les services de police n'ont jamais put mettre la main sur l'un
des homme avec qui Georgette Bauerdorf sortait :
grand et mince, boiteux.
Underwood trouvait des similitudes aux deux meurtres, mais le
LAPD n'a pas jugé bon de suivre cette piste.
Sans doute sous la pression de la puissante famille Bauerdorf,
et de Hearst, à qui appartenait le journal.
La
théorie de John St-John, Officier de police, LAPD,
et de John Gilmore, écrivain :
Un an environ après le meurtre, St-John appris, par John Gilmore,
qu'un certain Arnold Smith prétendais connaître le tueur :
Al Morrison, violent pervers sexuel. La version de Smith comportait
beaucoup de détails réalistes, il avait également une photo
de Beth Short. Il avait contacté John Gilmore, car il avait
besoin d'argent, et besoin de parler ( John Gilmore avait déjà
écrit plusieurs livres sur des tueurs).
Après enquête, St-John réalisa que Smith et Morrison n'était en
fait qu'une seule et même personne, et qu'il était
également suspecté par le département du Shériff de Los Angeles
du meurtre de Georgette Bauerdorf. Son véritable nom était
Jack Anderson Wilson, alcoolique notoire, plusieurs fois arrêté
pour voie de fait. Il était grand et mince, et avait une
jambe plus courte que l'autre.
Malheureusement, Wilson mourut dans l'incendie de son hôtel, avant
que St-John puisse le rencontrer.
Au cours de son enquête, Larry Harnisch a récupéré une photocopie
du certificat de mariage de Virginia ( la soeur ainée de Beth),
et de Adrian West, qui vivaient en Californie.
A la place de la signature du témoin, on peut lire : Barbara Lindgren,
3959 Norton Street. Une adresse à seulement un bloc du lieu du
crime : une maison au nom de Ruth Bayley, la mère de Barbara Lindgren.
Son père est le Docteur Alonzo Bayley, éminent chirurgien. D'après
Douglas (le profiler), le tueur avait un lien avec le quartier,
et n'a pas choisi ce terrain vague pour y déposer le corps au
hasard. Beth avait rencontré le Docteur Bayley par l'entremise
de sa soeur, qui fréquentait la même congrégation que la famille
du médecin.
N'ayant nulle part où aller, elle aurait pu, sortant du Biltmore,
le retrouver à son cabinet, quelques blocs plus loin.
Le Docteur Bayley était en instance de divorce, ne travaillait
plus que dans son petit cabinet privé, et souffrait de la maladie
d'alzeimer. Selon ses proches, son caractère s'était beaucoup
modifié. Il aurait pu tenter de séduire Beth, et elle l'aurait
rejeté, comme elle rejetait tout les hommes.